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Soutenance de thèse de Christine Boucher

Vendredi 15 septembre 2017 à 14h, amphi du CRPG

Étude isotopique de l’hélium atmosphérique à haute précision : applications environnementales et volcaniques

Résumé

Le rapport isotopique de l’hélium atmosphérique (RA = 3He/4He = 1.39 × 10-6) est lié aux flux naturels et anthropiques de 3He et de 4He en provenance de la Terre (et de l’espace pour 3He). Les activités industrielles ont émis des gaz riches en 4He radiogénique (exploitation des combustibles fossiles) et en 3He (activités nucléaires). Du fait de ces flux d’hélium, il a été proposé que le rapport 3He/4He dans l’air a varié dans le temps et dans l’espace. De telles variations pourraient permettre l’utilisation de ce rapport comme nouveau traceur des émissions atmosphériques de polluants anthropiques et/ou naturelles. Pour vérifier ces possibilités, nous avons entrepris la mesure haute-précision (2-6‰, 2σ) de la composition isotopique de l’hélium atmosphérique au Centre de Recherches Pétrographiques et Géochimiques (Université de Lorraine et Centre National de la Recherche Scientifique, Vandoeuvre-lès-Nancy, France).

Nous avons effectué des analyses d’intercalation avec un spectromètre de masse double collecteur (Helix Split Flight Tube de la société Thermo Instruments). Au cours de ces analyses, plusieurs analyses individuelles d’un échantillon d’air sont effectuées en alternance avec un standard d’air. Nous n’avons détecté aucune évidence de variation temporelle du rapport 3He/4He dans l’air de France piégé dans des boules de pétanque (1965, 1990, 2010, 2013), dans des réservoirs métalliques (2010, 2016) et dans un carburateur de voiture (1910).

Nous avons également re-analysé des échantillons d’air ancien prélevés dans des réservoirs métalliques depuis 1978 à Cape Grim (Tasmanie, Australie). En incluant les mesures de Mabry et al. (2015) pour certains de ces réservoirs, nous obtenons une tendance commune de -0.05 ± 2.46 ‰, montrant l’absence de variation statistiquement significative sur une période de 106 ans. Au niveau mondial, nous avons seulement détecté deux échantillons d’air sur seize (Dôme C, Antarctique ; Tokyo, Japon) dont les compositions sont statistiquement distinctes, marquées par des excès en 3He de 2.0 ± 1.4 ‰, et 1.7 ± 1.5 ‰, respectivement (intervalle de confiance de 95%). Ces excès pourraient être liés aux flux d’hélium locaux par : (i) les précipitations aurorales en Antarctique  ; (ii) les volcans et/ou les déchets nucléaires (Fukushima Daï-Ichi) au Japon. Dans la région de l’Afar (Éthiopie), nous avons détecté des excès en 3He de 1 % au-dessus du lac de lave du volcan Erta Ale, pouvant être utilisés pour tracer des gaz réactifs (e.g. CO2) simultanément émis. Ces excès sont toutefois rapidement dilués dans les masses d’air régionales.

L’isolation des gaz libérés par le sol du cratère de l’Erta Ale à l’aide d’un contenant inversé placé à sa surface a permis d’évaluer les flux diffusifs en 3He (via l’augmentation du rapport 3He/4He dans l’air isolé) et en CO2. Globalement, cette thèse conforte l’utilisation de RA comme standard inter-laboratoire. Dans certaines régions (Dôme C, Japon), une investigation plus poussée dans le temps devrait être effectuée pour contraindre les sources d’hélium atmosphérique pouvant engendrer de faibles variations locales.

Mots-clés : hélium, isotopes, gaz nobles, atmosphère

Jury

Manuel MOREIRA (Université Paris Diderot), rapporteur
Philippe SARDA (Université Paris Sud à Orsay), rapporteur
Clara CASTRO (University of Michigan, USA), examinatrice
Daniele Luigi PINTI (GEOTOP-UQAM, Qc, Canada), examinateur
Élyse FOURRÉ (LSCE, UVSQ), examinatrice
Bernard MARTY (CRPG CNRS-UL, Nancy), directeur de thèse
Pierre-Henri BLARD (CRPG CNRS-UL, Nancy), invité
Albert GALY (CRPG CNRS-UL, Nancy), invité




publié mercredi 13 septembre 2017